Kingdom of war (le royaume des guerriers)

Kingdom of war (le royaume des guerriers) (江山美人), de Ching Siu-tung (chinois simplifié : 程小东 ; chinois traditionnel : 程小東, aussi connu sous le nom Tony Ching), Hong Kong 2008.

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Le film se déroule pendant la période des royaumes combattant où la Chine était divisées entre plusieurs royaumes qui, vous l’aviez compris, étaient sans cesse en guerre les uns contre les autres. Nous sommes au royaume de Yan au IIIe siècle avant notre ère. Je ne suis pas certains que la fidélité historique ait été la principale préoccupation du réalisateur. Il y a des luttes pour le pouvoir, des complots, des trahisons, le tout un peu téléphoné, et une histoire d’amour romantique à l’eau de rose qui rappelle le cinéma hongkongais des années cinquante. Il y a aussi des armées qui s’étripent sur des champs de bataille dans les armures qui font, sur certains plans, carrément carton pâte. Les acteurs sont plutôt bons (disons qu’ils font de leur mieux), surtout Donnie Yen, l’acteur à la mode des Wuxiapianr depuis quelques années. Il est irremplaçable dans les scènes d’action et peut sauver un film à lui tout seul. C’est le principal intérêt du film, il rugit comme un tigre, tournoie dans tous les sens en maniant une épée ou une hallebarde et donne un incroyable rythme à ces scènes, surtout quand il affronte seul toute une armée et n’en finit plus de mourir, percé de toutes parts il arrive encore à abattre ses ennemis sans pour autant tomber dans la caricature. L’actrice Kelly Chen a un jeu classique et un peu forcé à mon goût. Elle se débrouille assez bien dans l’alternance de scènes d’autorité crédibles et de scènes à l’eau de rose où elle joue la frêle jeune fille, mais sans plus. C’est plus poussif dans les duels à l’épée mais ça reste crédible par l’énergie qu’elle y met, Cependant je ne suis pas convaincu par les chorégraphies. Bref ce n’est pas vraiment un mauvais film mais il est loin d’être indispensable. Si vous aimez Donnie Yen…

Detective Dee : Le mystère de la flamme fantôme (狄仁傑 之 通天帝國), 2010, Tsui Hark

19670948Après avoir vu Detective Dee 2, je viens de voir Detective Dee 1. Le film est plutôt bon, je retrouve le Tsui Hark que j’aime. Malgré pas mal d’incohérences historiques (c’est quand même du Tsui Hark), le scénario est original et bien construit même si tout ce qui est posé n’est pas développé, et s’il y a quelques raccourcis. Il y a une véritable intrigue, les personnages sont assez fouillés et ont des sentiments (si, si), des doutes. Detective Dee est crédible dans ses raisonnements, et les rebondissements, bien que classiques, n’arrivent pas comme un cheveux sur la soupe. La photo est soignée ainsi que la lumière. La reconstitution de la Chine des Tang est assez réaliste bien qu’historiquement fantaisiste à bien des égards. La fin est politiquement correctes mais ça on est habitué.

Côté combats, on reste dans le classique mais bien fait, sans extravagance d’effets spéciaux. Bien sûr, ces combats ne sont pas réalistes, il s’agit d’un wuxiapianr avec le côté fantastique qui va avec. Cependant, et contrairement au deuxième opus de cette série, Tsui Hark n’en a pas abusé (par rapport aux standards du genre). Les combats ne sont toutefois pas le centre du film qui repose plutôt sur l’intrique et l’enquête du juge Dee. C’est un Sherlock Holmes like.

Il y a tout de même un détail génant : le détective reçoit une lame d’épée brisé en pleine poitrine, tombe dans les pommes, et se réveille plus tard sans avoir de réelles séquelles, puis reprend son enquête et ses combats tranquillou.

Bref un bon divertissement, pas mal ficelé, qui n’arrive sans doute pas au niveau des monuments du genres mais qui mérite d’être regardé.

Detective Dee 2

Je viens de voir “Detective Dee II” au cinéma. C’est plaisant mais sans plus. Tsui Hark a plus compté sur les effet spéciaux et la 3D que sur le scénario. C’est bourré d’incohérences historiques (hein ? Oui on s’en fout), et aussi d’incohérences physiques comme un gros bateau militaire Chinois que trois malheureuses petites voiles font avancer entre autre chose (on s’en fout aussi, ok). Les combattants volants ressemblent à des drones téléguidés en ce sens qu’ils se déplacent dans les airs et surtout atterrissent comme des hélicoptères. D’un point de vue martial, ces combats n’ont rien d’original et je les ai même trouvé bâclés. Le combat contre le monstre marin rappelle un peu trop celui de Narnia. Par contre, la reconstitution des armures militaire de la fin des Tang paraît crédible, mais c’est bien la seule chose. A part ça c’est rigolo, mais bon Tsui Hark se l’est jouée facile sur ce coup là, avec de l’humour à deux balles, et ça devient une habitude chez lui. Je n’avais pas aimé “Dragon inn”, ça continue.

Film : “War of the arrows” (최종병기) de Han-min Kim, 2011

“War of the arrows” est un film coréen qui se passe au 17e siècle sur fond d’invasion Mandchoue, et met aux prises un groupes de guerriers d’élite Mandchous et un archer coréen. Et oui, même s’il y a quelques passes d’armes au sabre, c’est l’arc qui est l’arme principale. Le film est un suspense haletant et on a rarement le temps de souffler même si la première partie du film prend le temps de brosser la psychologie des personnages, leurs relations, leurs désillusions, leurs espoirs. Puis tout bascule, l’archer coréen poursuit les Mandchous qui ont enlevé sa soeur, la libère, puis les rôles s’inversent, un groupe de Mandchous à la mine particulièrement redoutable (excellents acteurs) poursuit l’archer pour lui faire sa fête. Le film est alors une course poursuite à cheval, à pied dans les bois, avec des pièges, des rebondissements et des échanges de flèches mortelles. L’action peut faire penser à un western par le côté “mort à distance” délivrée par l’arme.

Les acteurs sont excellents, c’est bien filmé, la campagne et les paysages coréens donnent envie d’aller y faire un tour.

Du point de vue des combats et de la restitution historique c’est très bien fait. Les bannières mandchoues (troupes d’élite) sont assez bien restituées. Les armures de brigantines, les sabres , lances et autre armes sont parfaitement “histo”, et ne font pas “pacotille”comme dans bon nombres de films du genre. Les acteurs sont de bons cavaliers et de bons archers. La différence d’arcs et de flèches entre les Coréens (petits arcs) et les Mandchous (grands arcs) est respectée, ainsi que les techniques de tirs. Il faut dire que la Corée est le pays de l’arc tant l’archerie y est populaire. C’est aussi un pays ou la pratiques des arts martiaux historiques est assez répandue. A un moment l’archer coréen utilise une technique qui lui permet de faire des tirs courbes. Je ne sais pas si c’est une invention du film mais je vais essayer pour voir si ça marche.

Bref un excellent film que je vous recommande et qui vous donnera peut-être envie de vous mettre à l’archerie coréenne ou de passer vos vacances en Corée.

La bande annonce :

 

La 14e Lame (14 blades, Jin yi wei), 2010

Alors, ya un héro, il est fort, et seul contre tous, les méchants, les corrompus du système. Mais le peuple et les bandits d’honneur sont avec lui (avec un air de pirate des Caraïbes le bandit). Ça se passe un peu partout en Chine et finit dans l’ouest chinois qui vaut bien l’ouest américain. Bref, c’est une sorte de western sentimental, même la musique fait penser à celle des westerns spaguetti. Il y a aussi deux personnages féminins qui comme souvent dans les films chinois sont soit des nunuches, soit des sorcières. Le sorcières est super balaise et ça met du peps dans le film car l’histoire d’amour, vouée d’avance à la tragédie entre le héro et la nunuche, a un air de déjà vu. Parlons combats : pas trop mal, genre tourbillonnants presque crédibles avec des sabres qui doivent plus à l’heroic fantasy qu’à l’histoire vraie de vraie. Le plus intéressant est le combat final entre le héro et la sorcière qu’on attend depuis le début. Il est intéressant par la détermination des personnages à s’entre-tuer qui tranche un peu avec le reste du film qui est plus convenu. Le regard de tueuse de la sorcière est inquiétant et l’impression de sans-merci de l’engagement est parfaitement bien rendu.

Le film est agréable à regarder, les paysages de l’ouest chinois font rêver mais il y a une utilisation trop visible d’images de synthèse à plusieurs reprises.

Le film en français sur Youtube (moi je l’ai regardé en vostf) :

Film “Dragon Inn”, 2011, Tsui Hark

On doit à Tsui Hark d’excellents films dont la série “Il était une fois en Chine”. Mais depuis quelques temps j’ai des doutes sur les films qu’il dirige. Le film “Dragon Gate” de 2011 avec Jet Li (Li Lianjie) me laisse sur ma faim. Le scénario est assez compliqué avec une concubine qui n’en est pas une en fuite, des rebelles, des agents du bureau de l’ouest, des agents du bureau de l’est, des brigands, tout ce beau monde coincé dans une auberge des plus louche pendant une tempête dans le désert de l’ouest (xin jiang) avec un trésor à la clé. L’histoire est finalement assez insipide. On perd le fil assez vite et on retient juste que Jet Li est le gentil et que s’il meure c’est la cata.

Que dire des scènes de combat ? Et bien je dirais “Bof”. Pas véritablement d’escrime, quelques effets spéciaux de combattants volants sans grande originalité, pas de véritable suspence, tout est convenu. Une petite place st laissée dans les combats aux archers mais c’est juste une évocation. C’est comme si Tsui Hark avait voulu faire un film alimentaire. Et même dans ce cas je ne suis pas sûr qu’il ait gagné tant de riz que cela. Bref, si je dois donner un avis c’est “sans intérêt”. Il y a mieux dans le genre.

Bande annonce :

Film “Swordsmen” (武俠 wuxia), Hong Kong, 2011

L’action se passe dans le Yunnan en 1917, avec des paysages qui valent franchement le détour. Dans la première partie du film, l’histoire met aux prises un détective psychorigide pour qui “la loi est plus importante que la compassion”, et un maître d’art martiaux en fuite qui cherche à effacer le passé. Le profil psychologique des personnages est assez fouillé. L’action est lente comme la vie des paysans de ce petit village entre traditions anciennes et début de modernité de cette Chine du début du XXe siècle.  Les scènes de combats sont assez particulières en ce sens qu’elles opposent l’expert d’art martiaux qui veut cacher son habileté à divers opposants. On voit parfois ces scènes deux fois : une première fois qui correspond à ce que voient les témoins qui ne connaissent pas les arts martiaux, et une deuxième fois qui est ce que voit le détective qui le traque. Il arrive qu’il y ait un arrêt sur image pour les personnages impliqués dans un combat correspondant à un flashback dans la trame narrative et où le détective s’invite dans la scène, observe les détails, tourne autour des combattants et comprend ce que l’autre veut cacher.

Dans la deuxième partie tout se complique car le maître d’art martiaux est rattrapé par son passé, c’est à dire une société secrète qui veut sa peau. Les combat prennent alors une tournure plus classique dans le style des boxes du sud avec les acrobaties d’usage, plutôt bien gérées.

Le personnage principal de ce film semble être la compassion tant elle est présente : compassion et loi pour le détective, compassion et adversaire pour le maître d’arts martiaux. Elle contraste avec le manque total de compassion des tueurs de la société secrète, qui pourtant montrent des sentiments exacerbés de colère, haine, tristesse avec un côté pathologique assez net.

La fin est un suspense haletant et on se demande vraiment comment cela va finir. Le film est tout de même assez violent.

Trailer :

Film “Le règne des assassins”, 2010

Le film : “Le règne des assassins” (Reign Of Assassins, 劍雨) est sorti à Honk-Kong en 2010. Il a été coproduit par John Woo et l’actrice principale est Michelle Yeoh.

Le film appartient au genre wuxiapianr (film de cape et d’épée) et est plutôt plaisant. Il suit la tendance actuelle de l’hyper-réalisme dans la photo : costumes réalistes et historiquement crédibles, grande profondeur de champs avec en premier (gros) plans très net comme un visage ou une arme dont on voit tous les détails. Les combats sont très rapides, époustouflants même. Bien sûr les effets spéciaux permettent de faire voler les acteurs (c’est tout de même du cinéma de Hong-Kong). Ce côté fantastique ne me dérange pas s’il n’est pas plaqué artificiellement sur la scène. Ici il est bien intégré. L’originalité du film réside, concernant l’aspect combat, à utiliser une lame flexible et à vraiment imaginer des combats où cette caractéristique est pleinement employée. Bref un bon film. C’est vrai que je suis un inconditionnel du genre wuxiapianr. Je constate avec un certain plaisir que les réalisateurs chinois semblent continuer à s’y intéresser. Après Tigres et dragons, héro, la princesse du désert, le secret des poignards volants, je craignais une désaffection mais rien de tel pour l’instant.

[MAJ] en fait le film et plutôt bien fait du point du vu escrime, avec des originalités comme deux armes une épée dans la main droite et un “hanjian” (épée courte) dans la main gauche (rappelant la rapière et main gauche européenne), épée dans la main droite et fourreau dans la main gauche servant à parer les coups comme il est encore pratiqué dans certaines écoles d’arts martiaux chinois. Bref un vrai wuxiapianr comme le les aime avec de vrai morceau d’escrime dedans.

Bande annonce :